C’est fragile, une photographie.

C’est un rien.
Juste un regard jeté, une fraction minuscule de temps absent, un bout d’espace où déjà l’on n’est plus, une trace de toi, une parcelle de monde, une zone sensible.
Dans le rectangle de mon cadre, ou
par le minuscule trou du sténopé,
s’écrit la lumière,
s’écrivent les ombres.

Il me plaît de conjuguer le présent de mes yeux avec l’à-peine passé du monde, le plus-que-parfait de l’objectif avec l’imparfait du subjectif.
Inlassablement. Joyeusement. Amoureusement.
Chaque jour se transforme en une quête, absolue et merveilleuse, labyrinthique et poétique.

Et jour après jour, se construit, se complète, s’assemble, surgit un curieux langage d’images et de mots mêlés.

Nathalie Magrez